TATOO

Caractérisation TAxinomique et TOxinique des dinoflagellés benthiques Ostreopsis associés à la ciguatéra dans les archipels de Polynésie française

Le contenu n'est plus disponibleDans le cadre du projet TATOO, qui associe différents laboratoires d’Ifremer (LER-BO, PHYC), l’Institut Louis Malardé et l’IRD, l’objectif principal est d’étudier, en Polynésie Française, la taxonomie et la toxicité des espèces du genre Ostreospsis qui comprend, à ce jour, 11 espèces décrites. Parmi ces espèces, 7 sont considérées toxiques et produisent des composés qui présentent un risque important pour la santé humaine et l’environnement, et causent d’importants problèmes comme en Méditerranée. La taxonomie de plusieurs de ces espèces reste cependant assez controversée, car elle est fondée essentiellement sur des descriptions morphologiques qui, pour certaines espèces, causent des interprétations ambiguës et des erreurs d’identification. C’est notamment le cas de l’espèce Ostreopsis lenticularis, qui a été initialement décrite par Y. Fukuyo à Tahiti à partir d’observations en microscopie photonique et sans association de données génétiques.

La présente étude vise à ré-étudier la morphologie, la phylogénie moléculaire et la toxicité d’O. lenticularis à partir de 47 souches isolées récemment dans 5 archipels polynésiens : la Société, les Australes, les Marquises et les Gambier. Des observations en microscopie photonique, épifluorescence, et électronique à balayage de plusieurs de ces souches ont révélé que leurs caractères morpholgiques sont en parfait accord avec la description originale d’O. lenticularis, et en particulier la présence de deux types de pores sur la surface de la thèque, ce qui confirme les critères proposés par Fukuyo. Des analyses phylogénétiques à partir de l’ADN ribosomal 28S et de la région ITS-5.8S ont révélé que les 47 souches correspondent toutes à un seul génotype, qui se regroupe avec un fort support statistique avec des séquences préalablement attribuées à ‘Ostreopsis sp. 5’ de l’ouest du Pacifique. Ces données permettent donc l’identification de cette espèce et de préciser sa biogéographie sans risque de confusion. Certaines des cultures clonales ont été utilisées pour l’étude de la toxicité par le test cellulaire sur cellules de neuroblastome (CBA-N2a) et pour l’analyse des analogues de la palytoxine par LC-MS/MS. Aucune des 19 souches testées n’a montré d’effet toxique sur neuroblastome, alors que les analyses en LC-MS/MS réalisées sur 4 souches provenant de Tahiti (Archipel de la Société, localité type de l’espèce) ont confirmé que les analogues de la palytoxine étaient en dessous du seuil de détection. Ces résultats permettent de clarifier sans ambiguïté l’identité d’O. lenticularis et confirment des résultats précédents obtenus dans le Pacifique ouest qui indiquaient que ce génotype (alors non identifié) ne présentait pas de toxicité. Sur la base de ces données, le maintien de cette espèce sur la liste des micro-algues toxiques est probablement à ré-évaluer.

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Cellules d’Ostreopsis lenticularis de différents archipels polynésiens,

vues en microscopie à épifluorescence (coloration Solophényl-Flavine 7GFE500) - @ Ifremer / N. Chomérat