GELIDIUM 64 (2021-2023)

Le projet Gelidium64 répond à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) « les 64 fantastiques » lancé par le Département des Pyrénées Atlantiques en 2020 et sa mise en œuvre s’inscrit sur 2 ans (2021-2023). Cet AMI a pour principal objectif de recueillir des initiatives favorables à la préservation de 64 espèces phares du territoire en termes d’amélioration des connaissances, d’actions de préservation et de gestion conservatoire.

Parmi ces espèces, il y a l’algue rouge Gelidium corneum (Hudson) J.V. Lamouroux, 1813. Sur la côte basque, ses champs constituent une véritable canopée servant d’abris à de nombreuses espèces animales et végétales, de zones de pontes et de nourricerie. La principale répartition bathymétrique des champs de gelidium s’étend entre 3 et 15 m de profondeur, au-delà les pieds sont parsemés. Le Gelidium colonise préférentiellement la roche mer exposée à la houle tandis que les zones de blocs et de substrats meubles ne sont pas favorables à sa colonisation. La zone infralittorale de la zone N2000 « côte basque rocheuse et extension au large » accueille les principaux champs de Gelidium, ce qui renforce l’intérêt d’acquérir des connaissances sur cette espèce.

Au-delà de son intérêt écologique, cette espèce constitue une ressource économique importante pour la côte basque. Elle est exploitée pour ses propriétés physico- et biochimiques et plus particulièrement l’extraction d’agar agar et, plus récemment, pour extraire de nouvelles molécules actives notamment pour la fabrication de cosmétiques. L’exploitation de cette espèce est encadrée sur la côte basque (Arrêté préfectoral du 8 juillet 2015) et se limite au ramasse d’algues épaves depuis la grève ou en bateau. La saison s’étend du 15 septembre au 31 mai (CIDPMEM64-40, 2018). En 2016, elle concernait une dizaine de navires avec une production totale déclarée proche de 2 000 tonnes (Gallet et al., 2019). L’exploitation peut être qualifiée de conservative et durable dans la mesure où elle n’affecte pas le stock en place.

Sur la côte rocheuse espagnole (Pays basque et Cantabrie), un déclin des populations est observé. Il est partiellement expliqué par le changement climatique en interaction avec les différentes pressions anthropiques sur le milieu côtier (Borja et al., 2016 ; Borja et al., 2013 ; Díez et al., 2012). Au-delà de ce déclin, une dégradation des propriétés biochimiques et physiologiques de l’algue est aussi constatée (Quintano et al., 2013) d’origine probablement plurifactorielle. Le jaunissement des rameaux constitue un exemple visible de cette dégradation (Quintano et al., 2015, 2017). En l’état actuel des connaissances, peu de données sont disponibles sur l’évolution de cette population sur la partie française de la côte basque. Des données d’estimation de densités de Gelidium existent entre 1996 et 1998, ainsi que quelques données datant de 2003 suite au naufrage du pétrolier Prestige (Barbaroux et Kaas, 1999 ; Kaas et al., 2003) (Fig. 1). Depuis 2008, des données, non ciblées sur cette espèce, sont également disponibles dans le cadre des suivis Directive Cadre sur l’Eau (DCE) sur 3 stations de référence pour la côte basque (de Casamajor et Lissardy, 2018). Dans le même temps, un projet de Développement Local mené par les Acteurs Locaux (DLAL-FEAMP porté par l’UPPA) visant à caractériser la composition physico- et biochimique des algues est en cours, ainsi qu’une réflexion sur une possible structuration de la filière.

Ce projet a pour objectif de caractériser les champs de Gelidium sur la côte basque à partir d’une campagne scientifique en scaphandre autonome permettant de mesurer leur densité et la hauteur de la canopée. En complément, une visualisation spatiale de la répartition du Gelidium en fonction de son habitat est prévue à l’aide d’un drone sous-marin à l’échelle de la zone N2000 « côte basque rocheuse et extension au large ». Des prélèvements seront réalisés pour évaluer la qualité physico- et biochimique du Gelidium suivant leur localisation géographique et bathymétrique. L’épiphytisme (biodiversité associée), le jaunissement des rameaux et la présence de dinoflagellées toxiques (Ostreopsis) et/ou de la présence de mucilage marin seront considérés. Enfin, un volet concerne la caractérisation de l’activité de pêche actuelle et son historique à partir d’un état des lieux de la filière.

Partenaires

Ifremer (LER-AR Anglet) – Chef de projet Marie-Noëlle de Casamajor Cadre de Recherche

UPPA IPREM (UMR 5254 CNRS/UPPA : chaire E2S UPPA Manta)

CAPENA

Les résultats du projet sont accessibles ici :

de Casamajor Marie-Noelle, Sanchez Florence, Lissardy Muriel, Marmion Lea, Caill-Milly Nathalie, Soulier Laurent, de Matos Fernandes Susana, Adrien Amandine, Guillaume Enora, Lalanne Yann, Antajan Elvire, Perriere-Rumebe Myriam (2023). Gelidium 64 - Caractérisation des champs de Gelidium à l’échelle de la côte basque en 2022. R.ODE/LITTORAL/LERAR/ 23-019. 70p. (DOI : 10.13155/98254)

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